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ADN : à chacun son code unique (1)


Tous les êtres vivants possèdent un code génétique unique. En plus de contenir l’arbre généalogique de notre lignée, notre code contient une liste complète de tout ce dont nous sommes constitués.


Depuis longtemps les scientifiques se questionnaient sur le phénomène de l’hérédité. Comment se transmettent concrètement ces caractères qui persistent de génération en génération ? Où se situe la « mémoire génétique » qui archive tous les détails physiques et psychiques depuis le début d’une lignée.


Le génome humain

Il fallut attendre jusqu’en 1954 pour apprendre que toutes les informations codées se trouvaient à l’intérieur de chacune de nos cellules. Ce ne fut qu’à la fin du XXe siècle qu’une nouvelle science, la génétique, poussa la recherche jusqu’à pouvoir identifier une grande partie des codes formant le « génotype » unique de chaque être vivant. On venait de découvrir l’ADN.


L'ADN (acide désoxyribonucléique) contient le code génétique qui renferme toute l'information héréditaire d'un individu. Cette molécule, ayant la forme d'une double hélice, est l'unité de base des gènes. Comme les empreintes digitales, le code d’ADN d’une personne est unique.

Nos ingrédients

Tout est dans tout ; chacune de nos cellules contient notre histoire intime : la couleur de nos yeux, de nos cheveux, de notre peau. Aussi la forme de notre nez, de nos seins ou de nos pieds. C’est ce qu’on nomme notre génome. L’ADN contient toute l’information nécessaire au développement et au fonctionnement du corps. Parmi ces centaines de caractères répertoriés se trouvent des « marqueurs » ancestraux.


Par exemple, votre arrière-arrière-grand-père provient de Roumanie, un de vos codes génétiques en garde la trace. On le découvre quand on compare votre code au code d’ADN d’un individu d’origine roumaine ; vous verrez alors un code inexistant dans votre pays, un code qui se retrouve cependant dans tous les codes des Roumains.


Comment lit-on l’ADN ?

Expliquer de façon simple comment est lu notre ADN est quasi impossible. Tout d’abord, nous avons besoin d’un échantillon de l’ADN de l’individu. On en trouve dans des substrats accessibles comme une rognure d’ongle, une goutte de sang, un morceau de peau, un cheveu, une goutte de salive.


On peut dire, en gros, qu’il y va de deux processus complexes : la lecture par des microscopes puissants et l’analyse par des procédés chimiques. Grâce à ces méthodes, l’ADN est décomposé en quatre unités élémentaires appelées « nucléotides » ou « bases» :


l’adénine (A);

la thymine (T);

la cytosine (C);

la guanine (G).



À partir de ces découvertes, en une vingtaine d’années, la science arriva à identifier les propriétés et les utilités de chaque partie de l’ADN humain.


Six millions de différences

Lorsque l’on compare le code d’ADN de deux personnes qui ne sont pas apparentées, il est identique à 99,9%. Mais le code d’ADN est tellement long (rappelons-nous qu’il compte 6 milliards de bases) que ce 0,1% équivaut tout de même à environ 6 millions de différences génétiques entre deux individus !


« Ces six millions de différences expliquent en partie pourquoi certaines personnes ont les yeux bleus et d’autres, les yeux bruns, pourquoi nous avons des groupes sanguins différents ou dans quelle mesure nous risquons de développer une maladie, que ce soit un trouble relativement rare, comme la fibrose kystique ou la dystrophie musculaire, ou plus courant comme le cancer, les maladies cardiaques ou l’asthme. »1


Quand on se compare

Pour savoir si on est unique, il faut se comparer.


« […] ce n’est qu’en 2003 qu’on réussit à séquencer un génome humain entier.


Il devient alors possible de comparer l’information génétique de différents individus, et les résultats sont étonnants : plus de 99,9% du code génétique est identique d’un humain à l’autre.


[…] Même si le code génétique est identique à 99,9% d’une personne à l’autre, il existe environ 6 millions de différences génétiques entre deux individus ! »1


C’est donc après avoir réussi à répertorier des échantillons d’ADN de plusieurs individus, de plusieurs parties de monde que l’on put isoler des caractères de race, d’origine continentale ainsi qu’une multitude de gènes propres à certaines régions du globe.


Pendant des années, la médecine et la justice accumulent, mondialement, les échantillons d’ADN de milliers d’humains. Cette masse de données est ensuite traitée par des ordinateurs puissants qui, en un rien de temps, « interprètent » les similitudes et les différences pour identifier un ou des profils précis d’individu.

Et les jumeaux ?

Même si les jumeaux identiques possèdent des caractéristiques identiques dans leur ADN, il y a tout de même des caractères uniques propres à chaque individu. C’est par ces gènes précis qu’on fait, par exemple, les tests de paternité.



 
Blagues et images drôles réf. 2

Épilogue

Les gens qui ont crié : « Nous ne sommes pas des numéros ! » n’y peuvent rien, nous avons un numéro. Notre code génétique est comme notre plaque d’immatriculation universelle.


Cependant, pour que notre code soit disponible, il faut qu’on nous le prenne. Pourrons-nous, encore bien longtemps, empêcher que notre identité génétique soit prise sans notre consentement ? Quelles manipulations bonnes ou mauvaises feront la médecine génétique, la justice et le militaire à partir de ces découvertes ? Voyons la suite dans la partie deux de cette chronique.


Merci aussi à ceux qui n’ont pas lu.


 

RÉFÉRENCES

1


2

Blagues et images drôles Ben pourquoi pas humour



 

Informations supplémentaires


Les Enjeux de la génétique - De Robert Poitrenaud






La Génétique pour les nuls - Patrice Bourgeois, Tara Rodden Robinson




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