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Ces nations qui interdisent l’islam


Des sociétés refusent l’Islam sur leur territoire. Que ce soit par principe de laïcité, par prétexte d’antiterrorisme ou par islamophobie, la religion de Mahomet est, en partie ou complètement, interdite. Voyons comment et pourquoi ces interdictions existent.



Que reproche-t-on à l’Islam ?

Pour les pays occidentaux et les États à majorité chrétienne, il est très difficile de comprendre la rigueur de la loi islamique et la fusion complète de la politique et de la religion. Cette incompréhension additionnée à la xénophobie a rendu difficile la cohabitation de ces deux cultures religieuses qui partagent majoritairement les deux plus grands groupes de fidèles du monde.


Violence et peur

L’arrivée des talibans en Afghanistan et leur application stricte de la charia et de ses sentences barbares, le traitement inhumain d’apartheid des femmes et la banalisation de la violence et de la gestion par la peur, voilà un bon exemple de ce que l’on reproche à l’islam. Tous ces actes criminels justifiés, endossés par le régime au nom d’Allah.


L’omniprésence des armes et les exécutions sommaires sont monnaie courante. Tout cela au vu et au su de toute la planète qui piétine et ne fait rien au nom du respect de la non-ingérence dans la gestion d’une nation. Nation qui, pourtant, n’est pas encore reconnue en tant que telle.


Terrorisme = islam

Ce qui a sans doute fait le plus mal à la réputation de la religion islamique et des musulmans, c’est sans doute l’amalgame, le rapprochement que le monde a fait du terrorisme et de l’islam. Racine certaine de l’islamophobie, la cascade d’attentats terroristes mondiaux revendiqués au nom de l’islam a polarisé l’opinion publique.


Après le 11 septembre, aux États-Unis, on dira : « Ce ne sont pas tous les musulmans qui sont des terroristes, mais tous les terroristes sont musulmans. » Et l’administration Trump s’empressa de voter le Ban Act interdisant les musulmans. 1


L’animosité à vif de la France envers l’islam a aussi pris naissance des tueries d’innocents revendiquées au nom d’Allah. L’étiquette terroriste de l’islam a perduré et voyagé, véhiculée par, entre autres, Daesh (État Islamique), Boko Aram et Al-Qaïda.


« Les groupes militants islamistes sont connus pour leurs interprétations puritaines de la charia. Al-Qaïda, Al-Shabab et l'État islamique autoproclamé (Daesh), entre autres, veulent instaurer ce qu'ils appellent des régimes fondamentalistes.


Ces organisations s'appuient sur la violence et le terrorisme pour promouvoir leurs versions extrêmes de la loi islamique, établir et étendre leur influence et persécuter leurs opposants. Elles sont connues pour infliger des châtiments horribles rarement utilisés par les gouvernements dans l'histoire de l'islam, comme la lapidation, et d'autres que la loi islamique traditionnelle interdit expressément, comme la crucifixion. »2


Dieu est grand !

Un chroniqueur radio, dont nous tairons le nom, a dit un jour :

« La première fois que j’ai entendu l’expression arabe : « Allah akbar », c’était de la bouche d’un homme qui se filmait en mitraillant la foule de la terrasse d’un café. Je l’ai aussi vue citée dans plusieurs reportages d’attentats terroristes. Le même Allah akbar de la part d’un jeune garçon bardé d’explosifs avant des se faire exploser dans un marché bondé. Puis un des pilotes du 11 septembre, toujours le même cri de guerre.


Bien que j’étais convaincu que ça devait signifier Horreur et massacre ou Violence et mort, je m’informai à un collègue parlant arabe. Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que ça signifiait Dieu est grand. Pourquoi associer leur Dieu à l’horreur et la barbarie sanguinaire ? »


En entendant ceci, on est tenté de prendre la place de l’islam et de crier haut et fort que les terroristes usurpent l’identité de leur religion et se servent de leur Dieu comme figure de proue de leurs actes barbares. Comme l’a fait en 2015 le président iranien Hassan Rohani*, l’une des rares voies tentant de redorer l’image de l’islam :


Hassan Rohani, président iranien

« La plus grande responsabilité des pays musulmans est de corriger l’image de l’islam dans l’opinion publique mondiale. Nous devons éliminer l’image négative de l’islam dans le cyberespace et l’espace réel d’aujourd’hui […]


Nous devons nous lever contre l’idéologie et le discours de la violence propagés par les groupes djihadistes armés tels que l’organisation État islamique (Daesh) et nous unir. J’invite tous les États islamiques dans la région et au-delà à agir en ce sens, y compris ceux qui jusqu’à maintenant bombardent leurs voisins ».

Hassan Rohani, président iranien (2013-2021).3

Credit, John R. Houk© March 1, 2013

L’islam sans chef

Le monde musulman n’a pas de chef suprême comme le pape pour les chrétiens. Mais de multiples imans, shah et autres figures d’autorité religieuse. Il est donc difficile d’atteindre un consensus global. En plus, la religion d’Allah est divisée en elle-même. Prendre une avenue commune et exprimer sa position par une seule voie est utopique dans un tel monde fragmenté. L’affirmation publique et mondiale de la dissociation complète de l’islam des actes de terreur commis illégalement en son nom n’a pas été entendue ; a-t-elle été peu exprimée ?


Il serait intéressant de penser au même scénario chez les catholiques : des groupes terroristes massacrent et tuent avec pour cri de guerre : « Jésus est amour ! ». On peut imaginer le clergé s’insurger contre cette appropriation non endossée de la religion catholique. On entend déjà le pape, de son balcon, condamner tous actes de violence au nom de l’Église.


Persona non grata

Dans les cas les plus extrêmes, l’Islam est complètement interdit. D’autres régimes acceptent, avec beaucoup de restrictions, la résidence dans le pays. Certains États considèrent la charia islamique comme une infraction pénale.


Parmi les pays réfractaires aux musulmans, on retrouve : la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l’Autriche, l’Angola et les États-Unis.4 Cette liste n’est pas exhaustive.


La Chine

« Les autorités chinoises imposent depuis longtemps des restrictions généralisées aux pratiques religieuses. Dans le Xinjiang, une région du nord-ouest où plus de la moitié de la population est musulmane, les gens ne peuvent pas porter de longues barbes, de voiles ou tout autre vêtement considéré comme "extrémiste". Les enfants n'ont pas le droit d'apprendre la religion, même à la maison. Les gens ne sont pas autorisés à se rendre à la Mecque, sauf s'ils participent à des pèlerinages organisés par l'État.


Mais ces contrôles ont été considérablement renforcés depuis la fin de l'année 2016. Le gouvernement affirme qu'il doit éliminer les menaces terroristes en « éradiquant les virus idéologiques » de certaines croyances islamiques « incorrectes » et les identités non chinoises. »5


La Corée du Nord

« La Corée du Nord est un pays où la véritable liberté de religion ou de croyance n'existe pas ; elle reste l'un des régimes les plus oppressifs et l'un des pires violateurs des droits de l'homme.


Ceux qui posent des questions difficiles sont punis, tandis que le gouvernement maintient son contrôle en menaçant constamment d'emprisonnement, de torture et même de mort ceux qui enfreignent la loi en matière de religion. »6


Cuba

« Le premier musulman converti, Pedro Lazo Torres, a rejoint l'islam en 1991 et a pris le nom de Yahya. En 2002, Yahya a fondé la Ligue islamique de Cuba. La vie n'était pas facile pour les convertis, qui étaient souvent empêchés par la police de prier en public, jusqu'à ce que la Ligue soit officiellement reconnue en 2007. En 2015, une petite mosquée a été inaugurée dans la Calle Officios à La Havane.


Il s'agit de la seule mosquée autorisée à Cuba. L'imam de Holguín, Abdullatif Abu Maryam, tenait une petite mosquée dans son jardin. Elle a fait l'objet d'une descente en juillet 2017 par des agents de la sécurité de l'État, qui ont battu l'imam, lui laissant une main fracturée, et l'ont emmené en prison, d'où il a été libéré sous caution au bout d'une semaine.


Les médias ont mentionné "l'expulsion des lieux de travail et des écoles, les enlèvements, les détentions arbitraires et les violences" qui se poursuivent à l'encontre des musulmans après la reconnaissance officielle de 2007. » 7



L’Autriche

« Rien ne va plus pour les réseaux islamistes en Autriche. La confrérie des Frères Musulmans était déjà dans le collimateur du gouvernement écolo-conservateur depuis l’attentat de Vienne qui a fait quatre morts et 23 blessés, le 2 novembre 2020.


La confrérie vient d’être inscrite, le 8 juillet 2021, sur la liste noire des organisations liées à la « criminalité à motivation religieuse ». Ses slogans et sa littérature sont frappés d’interdiction. Leur détention ou propagation est désormais passible de 4 000 euros d’amende et un mois de prison. » 8



Carte autrichienne de l'islam

En 2021, le gouvernement autrichien a présenté une « carte de l’islam » sur internet. Les musulmans autrichiens dénoncent cette carte interactive qui « témoigne d’une intention manifeste du gouvernement de stigmatiser tous les musulmans comme un danger potentiel.


Le grand public peut désormais y trouver les noms de plus de 600 mosquées et associations, leurs adresses, l’identité de leurs responsables et leurs liens éventuels à l’étranger.9


L’Angola

« Le gouvernement angolais a décidé d'interdire la religion musulmane qu'il considère comme une secte barbare et incompatible avec la société angolaise [...] le gouvernement angolais a également promis de faire de la destruction de toutes les mosquées une de ses priorités, peut-on lire sur ce post publié sur Facebook le 1er novembre 2019, qui mentionne plusieurs édifices religieux soi-disant détruits : la "mosquée de Zango" à Viana et une "mosquée détruite à Luanda". »10


Affiche extrêmiste (USA)

Les États-Unis

En 2017, l’administration Trump adopte le décret interdisant aux ressortissants d’Iran, Irak, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen, ceux qui y sont nés, ainsi que les titulaires de la double nationalité d’entrer aux États-Unis.


Les titulaires de la carte verte (titre autorisant à travailler et vivre aux États-Unis) originaires des pays interdits sont aussi eux aussi concernés, et les réfugiés d’Irak et de Syrie ont été interdits d’entrer aux États-Unis pour une période indéterminée. 11


« Je mets en place de nouvelles mesures de contrôle pour maintenir les terroristes islamistes radicaux hors des États-Unis. Nous ne voulons pas d’eux » Donal Trump

Donald Trump signant le Ban Act en 2017 12

Non musulmans interdits

À l’opposé, on retrouve des pays qui n’acceptent pas les personnes non musulmanes. Parfois ouvertement, parfois officieusement, la religion musulmane est obligée, imposée.



ARABIE SAOUDITE

Le royaume est régi par la charia, une interprétation stricte du Coran. Les personnes qui ne se convertissent pas à l'islam peuvent être exécutées, et ce sont souvent des membres de la famille de l'accusé qui procèdent au meurtre d’honneur. Le culte public non musulman est interdit et passible d'emprisonnement, de déportation et de torture.


IRAN

Bien que le christianisme soit une religion officiellement protégée, les chrétiens ne sont pas autorisés à témoigner auprès des musulmans et de nombreux services religieux sont surveillés par la police secrète.


AFGHANISTAN

En raison de la pression intense exercée par le mouvement taliban, il est pratiquement impossible d'avoir une église active dans le pays. Les chrétiens n'ont aucun droit protégé et sont persécutés par le gouvernement lorsque leur foi est publiquement connue.


MALDIVES

Dans l'archipel des Maldives, l'islam est la religion officielle de l'État et tous les citoyens doivent être musulmans. Une religion unifiée est considérée comme un élément important du maintien du pouvoir du gouvernement. Le gouvernement n'autorise l'importation d'aucune littérature religieuse, à l'exception d'un seul exemplaire destiné à l'usage personnel. Les chrétiens vivent dans le plus grand secret.


YÉMEN

La Constitution yéménite garantit la liberté de religion, mais elle déclare également que l'islam est la religion d'État et que la charia est la source de toute législation. Les expatriés sont autorisés à pratiquer le christianisme, mais tout citoyen yéménite peut être exécuté s'il se déconvertit de l'islam. 13


 

Épilogue

L’islam et la chrétienté se partagent un monde dans lequel ils n’arrivent pas à cohabiter. En plus de leur concept de vie presque à l’opposé, ces deux entités semblent vivre dans des temps différents : le présent et le moyen-âge.


D’un côté, l’adhésion à l’islam vit une remontée tandis que la laïcité des États tend à diminuer la fidélité aux dogmes chrétiens. Le monde deviendra-t-il musulman de force ? L’anglais sera-t-il supplanté par l’arabe ? Retrouverons-nous un coran à la place de la bible dans les tables de chevet des hôtels ? Ça dépend comment grand est vraiment Allah.



Merci aussi à ceux qui n’ont pas lu.


 

RÉFÉRENCES


1


2

Council on Foreign Religions - How do extremist groups interpret sharia?


3


4

Liberté politique - Ces pays qui refusent l'Islam


5

Human rights watch - China’s Muslim Ban


6


7


8


9


10


11


12


13


 

Informations supplémentaires


Visual Capitalist - The World’s Major Religions



Hassan Rohani - Président iranien (2013-2021).




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