Radeaux, bateaux, vaisseaux (1)



Au début de la préhistoire, quand l’humanus reflexus découvrit les cours d'eau, il s’y lança et faillit se noyer. Comprenant ensuite que le bois y flottait et pouvait le supporter, il le creusa et inventa la pirogue. Le plus grand moyen de transport de l’humanité venait d’être découvert. Le monde s’ouvrait enfin. L’Histoire du bateau accompagne celle de l’humain.


Ça flotte

Même si humanus avait appris à nager, cela ne lui donnait pas une grande autonomie. Le premier bateau était un radeau constitué de troncs d'arbre reliés entre eux; mais c’était lent et difficile à manœuvrer. C’est grâce aux outils en pierre que, voilà 10 000 ans, on creusa le centre d’un billot pour en faire une pirogue. Ce nouveau véhicule, beaucoup plus pratique et manœuvrable facilita la chasse, la pêche et, surtout, le voyage.


Dès la préhistoire, l'Homme construisit des embarcations fluviales : pirogues creusées dans un tronc d'arbre, canoës en peau ou encore radeaux de roseaux. Ces frêles esquifs furent les ancêtres des navires que construisirent les peuples méditerranéens à partir de 2500 av. J.-C.1


Navire égyptien en roseaux

Il y a 5000 ans, à partir de l'embarcation en roseaux les Égyptiens évoluent jusqu'à une parfaite maîtrise de la construction des voiliers, dont on a retrouvé des exemplaires remarquables sur des fresques murales.


L’adage dit: l’Égypte est un don du Nil. En effet, ce fleuve, qui traverse le pays du nord au sud, a l’avantage d’avoir son courant du sud au nord vers la Méditerranée et son vent dominant du nord au sud. On peut donc y naviguer à voile vers le sud et au fil du courant vers le nord.


Vague de conquêtes

Avec le temps, le commerce et le désir de conquête, les bateaux prirent du corps. On verra apparaître les drakkars, construits en Scandinavie à partir du IXe siècle par les Vikings. Ils atteignaient une vingtaine de mètres de long, disposaient d'une quinzaine de paires d'avirons.



Du côté de l’Amérique, les autochtones firent également évoluer la flottaison du tronc d’arbre au canot d’écorce jusqu’au rabaska.



Le rabaska était à l'origine un type de grand canot d'écorce algonquien […] qui permit la pénétration de l'Amérique par les explorateurs français et canadiens aux XVIIe et XVIIIe siècles puis par les voyageurs jusqu'à la fin du XIXe siècle. Il évoque l'implantation de la civilisation française partout en Amérique du Nord, son adaptation au continent nouveau et son développement au contact des cultures autochtones et des immigrants qui s'agrégèrent à elle dans les siècles suivants.


Les dimensions d'un rabaska sont particulièrement impressionnantes. Cette embarcation allongée fait environ dix mètres de longueur par un mètre cinquante de largeur et est capable de contenir un équipage de plus de dix hommes et de porter des charges considérables. La masse d'un rabaska est d'environ 150 kilos. Sur un rabaska, l'équipage typique est constitué de douze pagayeurs distribués sur six bancs et d'un barreur à l'arrière. Les qualités du rabaska sont sa rapidité et sa robustesse.2


La mer ce mystère

Mais, quel que soit l’endroit où il se trouvait sur terre, l’humain fut confronté un jour à la mystérieuse immensité de la mer. Il comprit vite que, d’un, il ne pouvait y nager sans fin sans s’y noyer et, de deux, que ça lui prenait un beaucoup plus gros bateau.


La traditionnelle perche ne pouvait plus servir à cause des hauts fonds. On fabriqua d’immenses rames qui, combinées à une voilure et à un bon gouvernail, permirent une locomotion suffisante pour affronter l’océan. Bien sûr, il ne fallait pas manquer d’énergie humaine et surtout pas de vent.

Commerce = guerres

Quand on eut enfin la capacité de construire de très gros navires à voiles, les marins purent s’aventurer toujours plus loin, important et exportant de précieuses ressources. Mais les mers sont vastes et, sans protection, les galions chargés de vivres et de trésors devinrent des cibles de choix pour les pirates.

Navire français de 118 canons.

C’est alors que les grands constructeurs de navires commencèrent à équiper des navires de combat de plusieurs batteries de canons. Le but premier de protéger le commerce changea rapidement en moyen de faire des guerres de conquête grâce à des forces navales devenues imposantes.



Des armées sur l’eau

Au XVIe siècle, toutes les grandes puissances de l’Europe possédaient des flottes navales impressionnantes. C’est grâce à ces immenses vaisseaux, de plusieurs mats, arborant une multitude de voilures, que fut exploré et « conquis » le Nouveau Monde; et, malheureusement, que furent anéanties des civilisations, que furent asservies des races.


Cliquez les images pour les agrandir.


 

Épilogue

Puis, ce fut l’avènement du moteur. D’abord le moteur à vapeur et la roue à aubes. Ensuite, la découverte du moteur à combustion à la fin du XIXe siècle, et en particulier du moteur Diesel, constitua une étape décisive dans les progrès de la construction navale. C’est le sujet de la prochaine chronique.


Merci aussi à ceux qui n'ont pas lu.


 

RÉFÉRENCES

1

Mômes par parent - Les bateaux au fil du temps


2

Wikipedia-Rabaska